DE LA IV° À LA V°
REPUBLIQUE :
Il faudra attendre longtemps que les
tensions politiques soient apaisées, ou du moins
enfouies pour que la 3ème renaissance émane
du mouvement culturel et plus particulièrement
du fantastique travail de Polig MONJARRET, des cercles
celtiques et des bagadoù . Mais aussi grâce
à la vague folk des années 70 avec STIVELL,
GLENMOR, SERVAT, TRI YANN et d’autres encore.
Malgré cela le Président
Georges POMPIDOU s’ingénia à détruire
l'unité de la Bretagne et la langue bretonne,
notamment en confirmant par la régionalisation
de 1972, la création de la pseudo région
des Pays-de-Loire, et en séparant la capitale
historique de la Bretagne de sa région d’origine.
Il déclara d’ailleurs : « Il n’y a
pas de place pour les langues et cultures régionales
dans une France destinée à marquer l’Europe
de son sceau ».
La parution du livre de Morvan LEBESQUE
« Comment peut-on être breton ? »
en 1973 fût « l’Ecrit qui précéda
l’Edit », comme aurait dit Xavier GRALL.
Journaliste réputé, Morvan LEBESQUE créa
la première marche de notre renouveau culturel.
L’élection de Valéry
GISCARD D’ESTAING et la création du Conseil Culturel
en 1977 étaient porteuse d’innovations et d’espérances,
hélas le septennat fût un véritable
réquisitoire contre la Bretagne. Qu’on se souvienne
simplement des marées noires successives et le
mépris avec lequel Paris nous traita (cf «
Le matin de Paris » et l’article de Xavier GRALL
du mardi 18 mars 1980) et de la révolte de Plogoff
(« Des pierres contre des fusils » film
de Félix et Nicole LE GARREC).
La parution du « Cheval d’Orgueil
» de Per Jakez HELIAS, et la découverte
d’Anjela DUVAL dans l’émission télévisée
« Les conteurs » révélèrent
à un grand nombre de bretons leurs propres racines
et engrangea, engagea et confirma le retour au terroir
: après un demi siècle d’attirance pour
Paris, nos compatriotes nous revenaient plus décidés
que jamais à s’inscrire dans le paysage et à
se réapproprier leur langue, retour exprimé
notamment avec le slogan « Vivre et travailler
au pays ».
« Le Cheval Couché »
de Xavier GRALL explosa comme un feu d’artifice et libéra,
si ce n’est la parole c’est à dire la langue,
au moins dans un premier temps les individus : "Et
ils se lèvent, ils envahissent les travées,
et ils dansent et les voici sauvés".
Tandis qu’une poignée de militants, de parents
créaient dans le Léon la première
école DIWAN en 1978 avec Denez ABERNOT comme
instituteur. Une poignée qui germa : DIV YEZH,
classes bilingues dans l'enseignement public suivirent
puis DIHUN pour l’enseignement catholique.
François MITTERRAND prit au
début de son septennat des mesures d'apaisement
comme la libération des militants linguistiques
et politiques, la suppression de la Cour de Sûreté
de l’Etat, l’abandon du projet d’implantation d’une
centrale nucléaire à PLOGOFF, et surtout
la création de la Licence de Breton en 1981,
avant le DEUG qui suivit : aujourd’hui existe ainsi
à l’université un véritable cursus
en Breton. Cependant en 1982, la réforme régionale
et la loi de décentralisation de Gaston DEFERRE
confirma le découpage administratif entre Bretagne
et Pays-de-Loire.
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